30 avril 2010

J'étais une petite fille silencieuse. Les mots qui sortaient de ma bouche avaient le don de provoquer les moqueries, je limitais donc leur "liberté d'aller" à la sphère familiale, puis très rapidement à ma seule chambre. Des mots sur le bout de la langue, comme accrochés aux barreaux de la plus imaginaire des prisons. Sous ce silence, que la plupart des adultes vivaient comme le signe évident d'une sottise largement consommée, s'agitaient des mondes déraisonnables, des personnages aux vies fantasques et aux conversations intarissables. Aujourd'hui encore, il m'arrive de plonger dans cet irréel, de m'y accrocher comme un naufragé à son radeau....Dieu sait pourtant que j'ai passé l'âge d'être une petite fille. 

Posté par valse à 16:34 - Commentaires [11] - Permalien [#]


Commentaires sur J'étais une petite fille silencieuse. Les mots

    Dieu, peut-être, mais lequel d'entre nous tient-il au courant de ses informations ? Pas moi !

    Reconnaissez-vous autour d evous les petites filles d'aujourd'hui que de mêmes barreaux entourent ?

    Posté par papistache, 30 avril 2010 à 18:59 | | Répondre
  • Pas si sûr, Kloelle

    Posté par Walrus, 30 avril 2010 à 23:07 | | Répondre
  • Pas facile, n'est-ce pas, d'être une petite fille poète. L'entourage ne se doute pas toujours... Mais tes mots font notre bonheur à nous. C'est vrai que ce n'est pas facile de commenter une expérience intime. Mais je voulais te dire que je t'ai lue et relue.

    Posté par Pivoine, 01 mai 2010 à 09:51 | | Répondre
  • Le poète garde son coeur d'enfant. Et sa fragilité.

    Et le regard...

    Posté par caro_carito, 01 mai 2010 à 13:05 | | Répondre
  • y a-t-il un âge pour être "petite fille"? je ne le crois pas...
    ravissez-nous de vos mots, nous avons choisi de vous écouter, c'est pour ça que nous venons ici

    Posté par Adrienne, 01 mai 2010 à 13:48 | | Répondre
  • Tu n'es jamais vraiment seule alors.

    Posté par Aude, 01 mai 2010 à 18:21 | | Répondre
  • Je crois que l'enfant sommeille toujours en nous...

    Posté par Janeczka, 01 mai 2010 à 19:17 | | Répondre
  • Ma réponse s'est envolée.
    Papistache: oui, j'ai une tendresse particulière pour les enfants qui se tiennent à l'écart, pour les adultes aussi je crois.

    Walrus: Je suis devenue trop lucide pour être encore une petite fille. Terriblement lucide me disait même récemment une amie.

    Pivoine: Avoir un jardin secret c'est merveilleux aussi.( moi aussi je le lis)

    Caro: le coeur je ne sais pas en ce qui me concerne, mais la fragilité ...

    Adrienne: je vous revoie le compliment.

    Aude: c'est un peu vrai....

    Janez: chez toi il ne sommeille pas, il vit, pour notre plus grand bonheur.

    Posté par kloelle, 02 mai 2010 à 10:59 | | Répondre
  • Une chrysalide qui attendait d'éclore. Il reste toujours un éclat d'enfance chez les poètes...

    Posté par Lorraine, 12 mai 2010 à 18:37 | | Répondre
  • trés souvent les enfants silencieux sont montrés du doigt ...les autres voudraient a tout prix qu'ils parlent....et ils le font ...dans leur téte.
    Je me revois petite fille......

    Posté par tristale, 19 mai 2010 à 09:54 | | Répondre
  • Cette phrase est touchante et bien "accrochée" dans l'esprit de nombre d'enfants et d'ex-enfants : "Des mots sur le bout de la langue, comme accrochés aux barreaux de la plus imaginaire des prisons"

    Posté par gballand, 03 juillet 2010 à 09:44 | | Répondre
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