10 janvier 2009

Sur le coin

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Sur le coin de la table, il y a l'eau, teintée d'amertume, qui parle des gestes levés et des tasses renversées. J'aimerais glisser sur la nappe blanche en simulant l'air surpris de celle qui ne comprend pas. Les odeurs mélangées de café et d'oranges pressées seraient presque agréables si on ne les savaient provoquées par la violence de celui dont la photo décore encore et toujours le mur du petit couloir. Des images tristes progressent en moi, à contre jour. Il y a ce que j'aimerais dire, il y a ce qu'elle ne peut entendre. Entre ces deux issues, je ne trouve de place que pour un mince sourire, une modeste pression sur la main. Comme il est simple d'emprunter le chemin des lâchetés ordinaires.

Dans un instant, elle va lâcher sous un charmant sourire-paravent: " Tu veux un café ?" et je vais répondre oui.

Posté par valse à 11:16 - Commentaires [12] - Permalien [#]


Commentaires sur Sur le coin

    Et l'écriture, n'a-t-elle pas sa place dans cet entre-deux ?
    Si, à votre imitation, elle enrobe tout dans une gaze aérienne, comment l'atteindre ?
    Comment vous atteindre ?
    Comment vous rejoindre ?

    Posté par Papistache, 10 janvier 2009 à 16:32 | | Répondre
  • Vos interrogations méritent un billet à part entière et je vais m'y employer.

    Posté par kloelle, 10 janvier 2009 à 17:50 | | Répondre
  • Ce n'est pas de la lâcheté, Kloelle.

    Posté par Valérie, 10 janvier 2009 à 18:59 | | Répondre
  • Faire "comme si" on ne voyait rien, c'est toujours un peu lâche. Il reste que l'on ne peut pas non plus se mêler de tout. Alors on glisse sur les évènements.

    Posté par kloelle, 10 janvier 2009 à 19:27 | | Répondre
  • Comme c'est beau ici, en images et aussi en mots.

    Bravo !

    Posté par joye, 10 janvier 2009 à 19:49 | | Répondre
  • Merci Joye.

    Posté par kloelle, 10 janvier 2009 à 20:12 | | Répondre
  • Il me semble, mais il me semble seulement, que, parfois, on ferait plus de mal en parlant qu'en étant juste là... au cas où elle (il) aurait besoin de parler)

    Posté par Teb, 10 janvier 2009 à 21:35 | | Répondre
  • j'ai poussé la porte des illusions ou seulement du kiosque...peur de me mêler de ce que l'écrit ne dit pas...mais tout ne se dit pas , ni dans sa vie...ni dans celle des autres...le silence ici est si beau, celui des mots comme celui des fotos...le café n'est pas assez chaud....

    Posté par violette7, 11 janvier 2009 à 08:18 | | Répondre
  • Kloelle, c'est si bien dit, si bien ressenti... Je ne puis que me taire devant un si bel écrit...

    Posté par tilleul, 11 janvier 2009 à 11:16 | | Répondre
  • Une présence même lâche, même maladroite reste une présence, une offrande...

    Posté par Le Chat, 11 janvier 2009 à 14:52 | | Répondre
  • Très beau texte ... et d'accord avec Le Chat, la présence même discrète, même tacite ou lâche ' je ne crois pas ) ... reste un don de soi, un regard confiant, " un mince sourire" vaut une parole douce ...

    Bisou

    Posté par Servanne, 12 janvier 2009 à 09:11 | | Répondre
  • comme d'hab je plane a 15 000 et j'ai raté ton retour...mais bon je suis quand méme là..lol
    Je suis assez d'accord avec toi,"faire comme si"c'est un peu lache quelquepart mais etre là c'est déja beaucoup .Et puis parfois on est, ou on se sent impuissant....

    Posté par tristale, 13 janvier 2009 à 20:36 | | Répondre
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